Voila, sur la demande de Nimel, une petite traduction d'un texte trouvé sur ce site
http://donnedelkendo.blogspot.com/2006_04_01_donnedelkendo_archive.htmlHoribe Akemi – une longue histoire d’amitié…
J’ai connu Horibe Akemi il y a 12 ans.
Je faisais partie de la « Nazionale Italia » qui participait aux Championnats du Monde de Kendo à Paris. A l’époque, le Directeur Technique était Maître Hirano et la « Confederazione Italiana Kendo » traversait une période on ne peu plus trouble. Dans l’édition 1994, il n’existait pas encore de Championnat Féminin comme on le connaît aujourd’hui – il y avait seulement un Goodwill Mach, aussi à cause de la résistance de la Fédération Internationale qui hésitait à créer officiellement un véritable tournoi mondial réservé aux femmes. Les japonaises, en effet, n’avaient jamais participé.
La méthode pour les individuels était : élimination directe, pour trois filles par pays. Je passais les deux premiers matchs assez agréablement. L’années précédente, j’étais arrivée troisième aux Championnats Européens de Turku et je continuais a me répéter qu’au fond, sa voulait bien dire quelque chose. Le combat suivant était contre une fille de Hong Kong – je dois admettre que j’ai pensé « Hong Kong ? ça doit être une bouche trou… ». La recontre dura un peu moins de 20 secondes. Horibe m’imprima deux men puissants et très rapides avant même que j’aie compris que le shiai avait commencé. Toutes mes salutations - et peut être que l’histoire aurait pu se finir la.
A Paris, aussi grâce aux pressions françaises je pense, fut instaurée une compétition de démonstration – quinze femmes japonaises contre une équipe mixte d’Européens. Encore aujourd’hui je ne sais qui remercier (Maître Hirano ?), mais je fut prise dans l’équipe, A. Rossi, fut pris en quinzième place. A part un match – gagné pas Dutton, un homme anglais – les femmes japonaises nous hachèrent facilement : presque toutes championnes dans une catégorie, avec plus ou moins d’aisance, elles gagnèrent toutes. Mon adversaire s’appelait Shinohara Mayumi. La rencontre fut assez combattue – disons que je fis de mon mieux pour ne pas faire mauvaise impression – mais se termina quand même pas deux ippon a zéro. La quinzième, Sato Rie (aujourd’hui 7ème dan connue), fit match nul avec Rossi, zéro à zéro. Tout de suite après la rencontre, pendant les remerciements rituels, je fus très surprise de voir de nouveau Horibe a côté de mon adversaire Shinohara – et surtout de découvrir qu’elles étaient sœurs ! En deux jours de shiai, j’avais combattu avec les deux. En parlant – je dois le dire, avec un peu de peine – avec les sœurs Horibe, j’appris qu'Akemi (avec un long passé de sportive d'élite au Jappon) vivait à Hong Kong avec leur frère Masahiro, alors que Mayumi s’était mariée (justement avec monsieur Sinohara) et vivait près de Nikko. J’ai encore le kendogi blanc qu’elles m’offrirent, avec une longue dédicace écrite au stylo, signées par toutes les deux.
J’ai été pour la première foi au Japon en 1995, une année donc après le Mondial de Paris. Vu que j’étais restée en contact avec Mayumi, je planifiais une visite à Utsunomiya, où elle vivait. L’accueil fut très beau – je connus le reste de la famille : le père, qui avait enseigné le kendo à ses enfants, la mère, pas kendoka, mais qui soutient passionnément ses [/url]filles et son fils, qui était en visite au Japon. Masahiro, avec le mari de Mayumi (medecin traditionnel, à qui je dois ma première et dernière expérience d’acuponcture) et un amis chinois qui parlait bien l’anglais, m’accompagna visiter Nikko. Je le rencontrerais de nouveau à Santa Clara, avec sa veste de coach du l’équipe de Hong Kong (la relation avec la famille Horibe ma aussi permis de développer une belle amitié avec les kandoka de Hong Kong). A l’époque de ma visite, Mayumi venait d’avoir un enfant (Rintaro, qui a aujourd’hui 12 ans et qui gagne déjà ses tournois) et avait lassé le kendo pour se dédier corps et âme au Naginata, qu’elle pratique encore aujourd’hui à haut niveau. Je fut vraiment surprise (et aussi un peu fière) quand Mayumi me montra la vidéo d’une cronique sportive du NHK – notre combat à Paris avait été montré sur la chaîne de télévision nationale japonaise, avec le commentaire de l’actuel Secrétaire Général de L’International Kendo Federation, maître Fukumoto – un honneur que je n’aurais jamais imaginé.
J’ai été très heureuse d’apprendre que Horibe Akemi serait membre de la délégation pour le Kangeiko CIK de 2004. J’ai tout de suite écrit à Asami sensei pour lui dire que j’aurais été très contente d’héberger Horibe à Milan pendant sont séjour en Italie. Nous nous revîmes donc après des années de contact à distance aidé par Masahiro, qui lisait plus souvent les mails. Horibe resta chez moi quelques jours – appréciant le rythme de vie plus tranquille dont elle pouvait profiter en se dissociant des tourbillonantes beuveries de grappa jusqu’à tard dans la nuit, si chères au reste de la délégation. Ses leçons laissèrent un souvenir durable à tous les membres de l’AIK Budokan, surtout par le rythme soutenu, par l’énergie et par la bienveillance de l’enseignant.
Pendant l’été 2005, après une longue réflexion, j’ai décidé de retourner au Japon. Pour des raisons pas tout fait claires, même pas pour moi, je n’avais pas voulu réitérer l’expérience de 1995 pendant dix ans. Peut être l’exigence de passer l’examen de Rokudan m’avait a nouveau stimulée, toujours est-il que je me décidais finalement – d’abord quelques jours à l’Université de Saitama, à m’entraîner avec les maîtres Ohboki et Shioiri, ensuite le Foreign Kendo Leaers’ Summer Seminar à Kiamoto.
A Saitama j’était l’hôte de l’International House de l’Université, dans un mini appartement austère, mais parfaitement équipé. Arrivée un samedi, le dimanche on me proposa d’assister au Tournoi du Kanto. Huit équipes, d’autant de provinces, composées de cinq hommes et trois femmes. Une formule jamais vue, avec des participants de très haut niveau – et dans l’équipe de Tochigi, Horibe. Ainsi nous nous rencontrâmes à nouveau et j’appris que ,à Kiamoto, Horibe était un des maîtres de la vaste délégation d’enseignants, avec Sato Rie (qui, au tournoi de Saitama, portait une veste de coach d’une des équipes). Je pratiquais avec elle toutes les fois où je pouvais – et autant elle que Sato prirent à cœur ma préparation à l’examen. Aucune des deux ne put rester pour voir mon examen – et le fait de ne pas être passée me rendit presque plus triste pour eux que pour moi-même, vu que l’expérience de Kitamoto avait quand même été extraordinairement stimulante. Je ne leur faxais le résultat qu’après quelques jours…
De retour en Italie, encore dans une retrouvée lune de miel avec le Kendo, je pensais proposer à mon dojo d’inviter Horibe et Saito pour partager avec tout mes compagnons la chance de ce rapport privilégié.
Malheureusemet, Sato sensei ne pu pas se libérer, mais Horibe réussit – et ce qui suit est une petite interview , faite à Milan, en avril 2006… et l’histoire continue…
Donatella : Quand et comment avez-vous commencé à pratiquer ?
Akemi : J’ai commencé à 6 ans, en 1962 – j’étais la seule fille dans un dojo de garçon dans la province de Kanagawa. Mon père, qui était le professeur, m’emmenait voir les entraînements et tout les garçons me faisaient de compliment parce que j’était mignonne… dans la famille, il y avait déjà les deux petits frères (Mayumi et Masahiro), c’est pourquoi je n’était plus autant chouchoutée… c’était normal que l’ambiance du dojo me plaise immediatement ! Je fis mon premier shiai à 7 ans – mais jusqu’à la j’avais seulement pratiqué kirikaesho et kakarigeiko pendant les entraînements… pour moi il n’y avait pas de différence… Je fus la seule fille participant aux Championnats Provinciaux, de 7 à 15 ans, mais j’arrivais toujours première ou deuxième.
A 14 ans je participais au Championnat du All Japan Dojo Federation – arrivais parmi les huit premiers, encore une fois dans un championnat avec que de garçons. Jusqu’à 15 ans, je n’ai jamais pratiqué avec des femmes !
D : Comment c’est passé ton examen de Nandan ?
A : En 1994 je suis devenue la troisième femme Nandan. Avant moi, seulement deux y étaient arrivées : la première, Takano Hatsue, a maintenant 89 an, mais a arrêté à 47 ans, à cause des entraînements trop durs ; la deuxième, Kobayashi Setsuko, a 68 ans et a été la première à organiser le grand entraînement féminin qui a lieu en mars depuis dix ans, à chaque fois dans un autre endroit du Japon.
En 1994, j’aurais déjà pu passer l’examen à Paris, ma sœur m’avais même poussé à le faire… mais le fait d’être sur place en tenue de participant Hong Kong me faisait me sentir en quelque sorte favorisée – j’avais peur que l’examen ne soit pas aussi sévère qu’au Japon. En effet, j’ai préféré le passer là bas, malgré le fait que j’aie du essayer trois fois. En novembre 1994, je suis devenue Nandan.
D : Quel est ton idée du kendo féminin ?
A : En réalité, je n’ai pas fait la différence entre le kendo masculin et féminin jusqu’à l’âge de 15 ans !
Je pense quand même que la femme doive être flexible comme le bambou – et pour cultiver la flexibilité contre la force, le type d’exercice à faire dans le dojo n’est pas différent. Seulement, quand on pratique avec des hommes, il faut être un peu prudent… il faut être attentif aux capacités physiques des adversairs, que se soit des hommes ou des femmes, mais, en substance, le genre de pratique ne change pas. Il faut éviter un contact trop violent, sélectionnant la technique la plus adaptée au physique de l’adversaire que l’on a en face de soi. En faisant le même kendo que les hommes, beaucoup de femmes (même de haut niveau) se font mal au dos, parce qu’elles n’évitent pas les impacts trop forts…
D : Quels sont les aspects les plus intéressants du kendo d’après toi ?
A : Trois aspects surtout :
Le premier c’est que dans le kendo on peu apprendre, apprendre, apprendre ! Répétant beaucoup de fois toutes les techniques on les apprend mieux. Il est possible de continuer à apprendre toute se vie – chose qui n’arrive pas en judo ou en foot. Chaque fois que l’on corrige un aspect de sont kendo, il en reste encore beaucoup à améliorer, continuellement. C’est un parcours jamais fini, c’est pour sa qu’il est si intéressant et amusant !
Le deuxième c’est la possibilité de se faire des amis – avec des personnes du monde entier – surtout en fréquentant cet environnement pendant beaucoup années…
Le troisième aspect, c’est la possibilité de pratiquer jusqu’à un âge avancé. J’espère pouvoir continuer jusqu’à cent ans et, vu que les femmes vivent plus longtemps et vieillissent mieux, je goûte déjà d’avance le jours où je pourrais batte Maître Asami, Inoue ou Tani… je veux être la première Grand-Mère du kendo – vu que quand j’ai commencé il n’y avait pas beaucoup de femmes…
D : Le plus beau souvenir ?
A : L’expérience dont je me souviens avec le plus grand plaisir est sûrement le Championnat du Monde de Paris – quand j’ai participé dans l’équipe de Hong Kong et que j’ai pu y être avec ma sœur, sélectionnée dans l’équipe de démonstration japonaise… et après je t’ai rencontrée… une amitié qui dure depuis longtemps !
Par contre, l’objet qui représente pour moi mon souvenir le plus chère c’est le do rouge que mon père m’avait offert quand j’ai commencé à faire du kendo – je le garde encore aujourd’hui avec beaucoup d’amour, parce que quand je le regarde, sa me rappelle toutes les fois où mon père m’encourageait et tout les shiai gagnés…
D : Quel est ton conseil pour les filles italiennes ?
A : Le kendo est amusant et est bon pour la santé, mais une femme a souvent beaucoup de choses dont elle doit s’occuper… si on en fait trop, des problèmes surviennent avec le mari, les parents ou les enfants.
Ce qui compte, c’est de ne jamais arrêter : il faut essayer de continuer la pratique, mais sans exagérer. La constance est fondamentale – si on est vraiment trop occupée, on peut faire des exercices limités, mais il est important de ne pas s’arrêter !
Et rappelez vous : les hommes ont seulement la force… les femmes ont aussi le tête !
Quelque chose de nouveau à apprendre : quelques points ressortis durant la pratique..
Certainement personne, avant Horibe Akemi, n’avait pu approfondir avec les filles l’aspect de l’élégance dans la manière de porter le bogu. Pour des raisons évidentes, aucun maître japonais n’a pu entrer dans les vestiaires des femmes pour expliquer la manière correcte de porter le kendogi, même si ,avec le temps, quelques notions élémentaires ont filtré, mais toujours d’une manière très lacunaire.
Le kendogi n’es pas un « sportswear », mais un héritage du temps auxquels combattre et mourir était une chose quotidienne. C’est pourquoi, l’habit devait être porté d’une manière parfaite, afin que la mort subie ne soit pas déshonorée par le spectacle d’un cadavre dénudé. Donc, au moment où l’on met le kendogi, on adopte aussi la mentalité du combattant – concentré et attentif a chaque détails : le kendogi bien fermé et attaché avec le nœud bien horizontal, le hakama de la bonne longueur (au
maellolo (aucune idée de ce que sa veut bien pouvoir dire ^^''), pas à la cheville), plus long sur le devant et soulevé sur les talons. Le nœud sur le ventre doit être bien serré, avec les bouts enfilés sur les côtés, pour pouvoir serrer correctement la tare.
L’armure avait (et a) le devoir de protéger la vie de celui qui la porte – donc un nœud mal fait peut signifier la perte de sa protection durant un duel. En même temps, le bogu doit montrer à l’adversaire une idée de force et doit donc être porté de manière à accentuer au maximum cet aspect. La tare doit être attachée plus serré sur le ventre, en laissant quelques centimètres d’espace sur la taille. Le do doit lui aussi être attaché légèrement plus serré sur le ventre que sur les épaules, mais tout de même pas trop bas, pour ne pas couvrir complètement l’attache de la tare. Le men doit être « éduqué », quand il est encore neuf et un peu rigide, pour que les men himo s’attachent sur la nuque à la hauteur des
monomi (encore un mot que je connais pas -__-') , c'est-à-dire des yeux, et que les protections sur les épaules n’entourent pas étroitement le cou, mais s’en détachent en étant orienté vers l’avant (pas en pointant vers le haut !). Avec ces petits ajustements, on projette sur l’adversaire une image imposante et de force. Dans les examens de dan ou dans les shiai, ces détails comptent aussi !
Le kiai doit être un crescendo, pour accentuer correctement le coup – le nom de la technique doit être clairement entendu : donc criez « Men ! » ou « Kote ! », plutôt que des sons inarticulés… un bon kai, avec le zanshin correct, peut compenser un coup pas vraiment parfait !
Le bon zanshin ne se prolonge pas plus que nécessaire – il suffit de le dépasser et de se retourner dès que l’on perd le contact oculaire avec l’adversaire – les pas en plus sont inutils, il faudra inévitablement les reparcourir pour retourner à la bonne distance de l’adversaire. Au kendo, il est juste de faire que ce qui est utile, rien de plus !
Dans tout les cas, la chose la plus importante c’est de s’amuser en faisant du kendo, prenant plaisir à chaque nouveau défi et de ne jamais se contenter de son niveau… il y a toujours quelque chose à apprendre ! Et si c’est une 7ème dan qui vous le dit …